La SLOW-FASHION, un hiatus de la mode ? {Commentaires fermés}

La SLOW-FASHION, un hiatus de la mode ?

« Vous vous êtes sans doute posé la question : pourquoi HIATUS ne renouvelle pas plus régulièrement ses collections ? Eh bien tout simplement parce que Hiatus est slow-fashioned !!
Non pas qu’on soit complètement ralentis du ciboulot…mais nous ne voyons pas l’intérêt de concevoir de nouveaux modèles pour qu’ils soient périmés 4 mois plus tard.
Au contraire, chaque modèle est étudié minutieusement :
même si l’idée nous semble spontanée, le croquis jaillissant en quelques minutes à un instant T, elle est en fait la résultante d’un long processus de digestion (de l’air du temps, de besoins non répondus, d’images ancrées..).
Le développement du modèle fait appel à tout un réseau, comme n’importe quel produit industriel. Changer de fournisseur tous les 6 mois reviendrait à rompre systématiquement toute possibilité de relation pérenne avec nos fournisseurs, ateliers…C’est un peu comme si tous les semestres vous deviez changer de coupe de cheveux et aller toujours plus loin vous les faire couper.
Travailler des modèles durables a aussi l’avantage de nous obliger à faire des propositions utiles et solides, qui vont plaire sur plusieurs années plutôt que d’être un produit coup de cœur dont on aurait subrepticement envie puis plus du tout, victime du système médiatique ou « effet boule de neige ».
On n’a moins droit à l’erreur puisqu’il faut optimiser les coupes, les tester, les rendre viables pour plusieurs morphologies. En fonction des retours des premiers « porteurs », nous pouvons continuer à améliorer ces vêtements.
Le résultat en vaut la chandelle, plus de 75% de nos clients sont capables de citer plusieurs noms de nos modèles, preuve qu’ils sont plus que symboliques ! »
Djen’

Guénolé, notre rédacteur Tendances  vous invite à mieux connaitre la Slow-Fashion. :

La slow fashion, est avant tout une tendance visant à prendre le contre-pied de la norme en vigueur, de lutter contre celle-ci en proposant une alternative plus respectueuse des droits de l’homme et de l’environnement. Le terme, pour la première fois utilisé par la consultante en design durable Kate Fletcher, va très rapidement être utilisé et reconnu par les professionnels de la mode.

C’est une réponse au sentiment d’uniformisation croissant qu’éprouvent de nombreux consommateurs de mode face aux vêtements qu’offrent les grandes chaînes de distribution.
Ce sentiment serait notamment dû à l’effet identitaire qu’ont les vêtements sur nous :
s’affirmer avec ses vêtements, être habillé comme les personnes de notre « groupe » social.
On constate aussi que les gens ne se reconnaissent plus dans leurs vêtements ; fabriqués à la chaîne, taillés selon des normes théoriques qui ne correspondent pas forcément à la réalité : trop long, trop petit, trop grand, écarts considérables ou presque inexistants d’une taille à l’autre, …

Ce mouvement de ralentir le rythme effréné de la mode, veut aussi apporter une autre vision du vêtement : le vêtement en tant qu’ « objet » que nous portons et qui nous représente :
il doit être esthétique, solide et de ce fait durable. C’est le contraire d’une mode vite consommée et vite oubliée. L’attrait d’un vêtement ne se limite pas à une saison comme le suggère fortement la mode classique.
Le fait que cette mode soit divisée en collections bisannuelles renforce l’effet cyclique de consumérisme en proposant toujours de nouveaux thèmes et en traitant bien souvent les collections passées d’obsolètes.

Pour se détacher de ce point de vue, la slow-fashion a ses solutions.
Elle puise son répertoire dans les fondamentaux de la mode. Elle se sert de vêtements intemporels et les revisitent pour les adapter aux besoins et attentes des utilisateurs.
C’est une mode réfléchie qui inscrit le vêtement dans un véritable cycle avec l’utilisateur, le concepteur, le fabriquant… et tous les acteurs de ce vêtement.
Il s’agit aussi d’une mode respectueuse des droits de l’homme et de l’environnement et doit donc répondre à des normes éthiques aussi bien qu’écologiques. La marque Living Crafts en est un parfait exemple avec sa production en coton bio.
Cela implique bien sûr la production la plus locale possible, avec des matières premières qui répondent aux normes du commerce équitable, dans un cadre éthiquement correct :
on privilégie ainsi l’emploi local, gage de qualité pour les utilisateurs, qui savent alors où et comment est fabriqué (voire pensé) les vêtements qu’ils portent ; tel le label américain The Slow Fashion Movement qui regroupe une dizaine de marques qui privilégient la production locale.

Pour résumer, un vêtement slow doit donc être indémodable, durable et doit répondre à un réel besoin du consommateur. La slow fashion se doit également d’être accessible au plus grand nombre de consommateurs et donc demeurer dans des prix raisonnables tout en incluant un processus de fabrication respectueux et éthiquement correct.